Projets

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Mes précédent travaux:

Le 1er juillet 2008, les « Papeteries de Pont-de-Claix » annonçaient officiellement leur fermeture, après 187 ans d’activité.

Démoli en partie entre 2012 et 2014, le site présente aujourd’hui 24 hectares de friche sur lesquels subsistent trois bâtiments datant du milieu du XIXe siècle, relique historique de cette ancienne industrie.

L’ambition de requalifier ce lieu a très tôt été portée par la commune de Pont-de-Claix, qui l’intègre dans son projet de développement urbain en 2009. Le site est racheté en juillet 2011, son portage foncier est alors confié à l’EPFL. En 2011, un diagnostic sur le terrain accompagne de premiers scénarios d’aménagement, ainsi qu’une concertation autour de la mémoire des papeteries.

En 2016, la commune élabore une Orientation d’Aménagement et de Programmation sur le secteur sud, dans le cadre de son Plan Local d’Urbanisme. Les élus du Conseil métropolitain reconnaissent le projet des « Papeteries » comme faisant partie des projets pour lesquels la Métropole prend la responsabilité de la réalisation.

Le 3 février 2017, les élus de la Métropole précisent leurs objectifs ainsi que les modalités de la concertation : Les travaux autour des « Papeteries » doivent permettre de valoriser le positionnement stratégique du site en tant que porte d’entrée de l’agglomération grenobloise.

Étant une trace importante de l’histoire du territoire, une institution fondatrice du Pont-de-Claix, ainsi qu’un fort vecteur de la mémoire ouvrière de la ville, la valorisation historique apparue comme un élément essentiel aux réflexions portées sur l’avenir du lieu. Voici un résumé des résultats de mes recherches sur ce patrimoine industriel.

Usine et cités ouvrières - auteur inconnu - 1971
Usine et cités ouvrières – auteur inconnu – 1971, coll. Archives Municipales PDC

Avant la Révolution, les terres des papeteries font partie d’une ancienne digue (la digue Marcelline) protégeant la plaine de Grenoble du torrent impétueux qu’est le Drac. Au début du XIXe siècle, la famille Breton acquiert ces terres qui ne sont alors que des champs de pâture. Seuls deux bâtiments, une ferme et la maison familiale, côtoient de grands près. Ces terres ont peu de valeur agricole. Ainsi  Etienne Breton, pharmacien, va avoir l’idée de valoriser le lieu en y implantant une papeterie à partir de 1821.

En effet, le site est adapté à une telle industrie puisqu’il jouit au début du XIX de deux campagnes de travaux majeurs fait en bordure du Drac : l’une visant à la création de canaux entre Champagnier et Echirolles; l’autre étant la création d’une route plus directe entre Vizille et Grenoble.

À cette époque, les ventes de papier sont en plein essor et les machines se font de plus en plus performantes. En plus de ce contexte technologique et économique favorable, Etienne Breton possède les connaissances requises en chimie. Toutes les conditions optimum sont donc réunies pour lancer l’entreprise.

Un canal est spécialement aménagé pour les besoins en eaux des papeteries et la première machine de la fabrique voit le jour en 1828. Conçu par le fils aîné de la famille ce premier modèle en bois,  est remplacé en 1831 par la première machine en métal. Cette avancée technologique traduit une importance croissante de la papeterie. Employant des ouvriers locaux elle fonde le noyau d’un petit bourg qui ne cessera de grandir.

À cette époque, la fabrique produit aussi bien des papiers simples que des papiers plus rares destinés à des usages particuliers (papier pour la lithographie ou papier de cartographie). Cette diversité ainsi que la qualité des papiers qui sortent des usines permettent aux Breton d’exporter plus d’un tiers de leur produit hors de l’hexagone (Suisse, Allemagne, Italie, Autriche, Angleterre). La reconnaissance passe rapidement à l’international lorsque la société reçoit une médaille à l’exposition universelle de 1855.

En 1865, le bourg du Pont-de-Claix, toujours contenu dans la commune de Claix, compte déjà 919 habitants. La petite fabrique devient un lieu central et une industrie puissante ayant fixé autour d’elle de nombreux ouvriers et employés à tous niveaux. Le canal de la Romanche et la présence d’une main-d’œuvre locale ont rapidement attiré de nouvelles manufactures : moulin, piloirs à plâtre et à ciment, pressoir à huile ainsi que les services et commerces nécessaires à la vie locale tel que des charpentiers, menuisiers, boulangers et bistrots. Ainsi lorsque le bourg dépasse le cap des 1000 habitants septembre 1870, Paul Breton directeur des papeteries mène une pétition visant à accorder le statut de commune au Pont-de-Claix. Il en sera alors le 1er maire en 1873.

Pour en savoir plus sur cette aventure industrielle ayant mené à la création de la commune du Pont-de-Claix, je vous invite à lire le rapport rendu à la Métropole de Grenoble en novembre 2017, disponible >ICI<

Avallon

L’étang d’Avalon fut créé sur ordre du Dauphin Humbert II en 1261. Sans doute creusé à partir dans une dépression du terrain accueillant déjà un point d’eau, l’étang fut au départ un fossé entourant les premières fortifications du village.

En effet, à partir du milieu du XIIIe siècle, la guerre delphino-savoyarde fait rage et Avalon devient l’une des têtes de pont du Dauphiné sur la frontière faisant face à la Savoie. L’importance stratégique du bourg fait de celui-ci un territoire clé dans la défense des positions du Dauphin.

Construit sur des terres appartenant à un ancien prieuré clunisien, le fossé en eau va servir à la fois de structure défensive, mais aussi de vivier et de réservoir d’eau pour prémunir le village de potentiels incendies.

Entretenu par les habitants du bourg, ceux-ci venaient pêcher dans cet étang afin de satisfaire leur besoin en viande blanche, notamment lors des périodes de carême.

En effet, l’étendue aquatique devait être peuplée de poissons d’eau stagnante tels que des carpes et des goujons. Il est également possible que le vivier ait accueilli diverses espèces d’oiseaux aquatiques très prisés à l’époque médiévale pour leur chair, comme des canards et des hérons.

Victime des raids savoyards, l’étang est comblé par les assaillants lors du siège de 1313. Ne protégeant plus convenablement le château, celui-ci sera d’ailleurs pris et occupé durant quelques mois par les armées du comte de Savoie. Remis en fonction en 1314, l’étang sera utilisé durant le reste de l’époque médiévale.

En 1349, alors que le Dauphiné est rattaché au royaume de France, les conflits liés à la frontière s’apaisent et le rôle défensif du bourg d’Avalon devient obsolète. Le village se dépeuple et une grande partie des habitants partent s’installer dans la vallée afin de fonder Pontcharra.

Dès lors les traces de l’utilisation de l’étang disparaissent. Nous pouvons néanmoins penser que celui-ci est toujours entretenu de façon minimale pour les besoins de pêche.

Au fil du temps les terres bordant le plan d’eau deviennent des prés de fauche et, de façon naturelle, l’étang s’assèche pour devenir la prairie marécageuse que nous voyons aujourd’hui.

Vous pouvez retrouver le compte rendu de mes recherches >ici<

La « Tour Saint-Ange » est une demeure comprenant une maison et ses dépendances (ancienne grange et écurie). Visible depuis l’A480, elle s’épanouie à une vingtaine de mètre au dessus du Drac, sur la commune de Seyssins (Isère).

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L’histoire et le patrimoine liés à la Tour Saint-Ange sont extrêmement riches et hétérogènes. Vibrant au rythme des réminiscences du passé, les trois principaux édifices de l’ensemble ainsi que les terres attenantes, portent les marques des grands mouvements qui ont structuré le territoire dauphinois.

Maison forte à l’époque médiévale, elle s’établit comme tant d’autres sur une zone privilégiée permettant la surveillance et la protection d’un lieu de passage clé, entre la ville et sa région périphérique. Poste de surveillance d’un port sur le Drac, elle est aussi la résidence d’une petite noblesse local qui cherche à s’imposer en bâtissant un édifice remarquable hors du village de Seyssins.

Dès la fin du moyen-age il semble que le bâtiment soit abandonné pour des raisons encore inconnu, mais vraisemblablement lié à une conjonction de facteurs: vieillissement du bâtiment, modification des modes d’habitat de la noblesse, obsolescence du système défensif…

Cependant,  à l’époque moderne, Saint-Ange connaît une nouvelle vie. Sous l’impulsion des dynamiques propres à l’établissement de la petite aristocratie en milieu rural, la ruine de la maison forte initial est rénovée. Dans les années 1550, le nouveau seigneur de Seyssins, Jean Gaucher, fait de Saint-Ange sa résidence. Il décide la construction de la tour caractéristique qui donne son allure remarquable au bâtiment.

La lignée des Gaucher retombe aussi vite qu’elle avait su s’élever dans la société et le domaine change plusieurs fois de familles. On sais qu’a la fin du XVIe siècle c’est le seigneur de Varces qui obtiens les terres de Saint-Ange en s’unissant à la dernière fille Gaucher. C’est à cette époque que le lieu prends sa toponymie actuelle, Saint-Ange étant le plateau au pied des falaises du Pic Saint Michel.

Dans les années 1720, la maison et ses terres sont vendues aux enchères par une jeunes fille noble ayant perdu ses parents et ne pouvant entretenir les lieux. Ce sont les pères Cordeliers de Grenoble qui achète ce bien afin d’en faire une ferme rentière. Les archives qu’ils ont laissé livre une vision saisissante et extrêmement précise de l’état de ces terres et des divers travaux qu’il y effectuèrent entre 1721 et 1789.

A la révolution, Saint-Ange est confisquée aux moines et à nouveau vendue aux enchères. Elle est achetée par la famille bourgeoise des Crozet. résidence familial à la campagne selon la mode au XIXe siècle, le lieu connu la présence de Louis Crozet, ingénieur des ponts-et-chaussés, responsable de la conception du premier pont de fer enjambant le Drac. Ami de Stendhal, l’écrivain pu également passer du temps à Saint-Ange dans ses jeunes années.

A la fin du XIXe siècle la maison reste une demeure d’agrément et ce n’est qu’a partir des années 1960 qu’elle est habitée à l’année. Proche de Grenoble, la maison est rattrapée par l’urbanisation et voit pousser un lotissement sur les anciennes terres de la ferme.

Saint-Ange n’est pas la relique assoupie d’une époque révolue. Elle a su se réinventer au cours du temps et aujourd’hui encore la vie y palpite. Après avoir nourri les hommes grâce à ses terres fertiles, elle nourrit aujourd’hui les esprits créatifs qui s’y expriment. En effet, un atelier fut conçu par l’architecte Odile Decq en contrebas de la maison. Il permet a des artistes contemporain de crée sous l’œil des bâtiments séculaire de Saint-Ange.

Un ouvrage sur l’histoire de ce lieu est en cours de conception. Il sera disponible à la fin de l’année 2016.